Jeu vidéo, un tue-l’amour du couple ?


« Dix heures par jour à triturer son joystick ! » Combien de désemparés par l’addiction de leur partenaire ont étouffé ce cri de désespoir ? Ça peut prêter à sourire comme ça, l’idée de passer sa vie avec un joystick entre les doigts (quelle idée aussi d’appeler une manette vibrante « bâton de joie » !), mais parmi les obstacles à l’épanouissement conjugal, tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un écran avec ou sans manette menace pernicieusement le couple. Comme Kevin, il joue aux jeux vidéos ?

C’est moi ou ta console !

Peine perdue, autant faire ses bagages avent de prononcer cette injonction. Pas la peine non plus des chercher à la jouer à la loyale « tu prends l’épée, je choisir le fusil », non, non, non : derrière leur face plate et leurs coins carrés, les jeux vidéos, ce sont toujours eux qui gagnent. Haut la main. Et même sans les mains. On pourra chercher des stratagèmes, tenter la gentillesse, la menace, la privation de nourriture, le privation de sexe, le conseil santé (« Tu devrais prendre un peu l’air, ça te ferait du bien »), niet ! Certains, par dépit, finissent même par proposer de servir un sandwich à leur conjoint pour assurer sa subsistance, maigre consolation à une vie de couple qui ne tient plus qu’à un câble.

Les vrais addicts aux jeux vidéos n’ont d’yeux que pour leurs scores.

Qui joue aux jeux vidéos ? Tous ! Et vive la parité !

Qui sont ces accros du tripotage de manette et comment envisager une vie de couple avec ? En 2009, une étude dénombrait 28 millions de joueurs dont,  contrairement à l’image du geek garçon au duvet naissant, 50% d’entre eux seraient des « elles », des geekettes adoratrices des Sims. Parmi eux, on compte 4 millions de « core » (ou « hard-core »). Comme les malades de casino, certains de ces joueurs indécollables nécessitent un soin particulier pour se défaire de leur addiction.

Si vous avez dans l’idée de passer tous les deux le plus clair de votre temps à sauter sur des plateformes ou prendre la vie de quelqu’un d’autre, pourquoi pas ? Mais si c’est un jeu (ou plusieurs) qui fait la pluie et le beau temps dans votre couple, il faut se poser la question du bien-fondé de la relation. Pourquoi est-on à deux ? Par convention, par peur, par obligation ? Ou par amour ? Justement, c’est quoi l’amour conjugal ? Une série de semaines obligatoires, toutes les mêmes, à passer ensemble, ou un désir toujours présent de construire des projets qui nous grandissent et nous font du bien ?

Au chapitre 5 de Rendez-moi mon couple !, l’eBook, j’aborde le délicat thème de l’invasion de la TV dans le couple et suggère de la couper – ou plutôt de la jeter – pour laisser du temps d’amour disponible au couple. J’explique quoi faire et comment vivre sans TV (si, c’est possible). Pour le jeu vidéo, le problème est proche ; il s’agit de se débarrasser de cette tierce « présence » qui parasite la vie quotidienne.

À moins d’arriver à jouer à deux et d’en tirer du plaisir, il est indispensable que celui qui impose son addiction à l’autre comprenne que son terrain de jeu s’étend bien au-delà des limites de l’écran.

 

Prune Quellien

Découvrez l’eBook de Prune Quellien, « Rendez-moi mon couple ! », en cliquant ici

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